Le cas Ahae

아에

Il existe peu d’artistes coréens de grand renom pour le public français.

Toutefois, depuis quelques années, les expositions et oeuvres d’un coréen commençaient d’apparaître sur les affiches des rues parisiennes. Il s’agissait de Ahae.

Ahae, de son vrai nom Yoo Byung-eun, était une célébrité en Corée, mais pas pour son activité artistique, il cachait d’ailleurs sa vraie identité derrière ce pseudonyme et personne ne connaissait le vrai nom de l’artiste. Il était un entrepreneur, mais aussi un personnage un peu trouble, qui avait eu un rôle ambigu dans certains faits divers qui avaient concerné une secte évangélique en Corée.

En France toutefois, son travail photographique, jugé très pauvre artistiquement par la plupart des critiques pourtant, a eu les honneurs d’une exposition de ses photographies à Versailles, et son nom est gravé sur une plaque en son hommage au Louvre en tant que mécène.

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Cette « sympathie » des pouvoirs publics français à son égard avait fait l’objet d’enquêtes de la part de journalistes du site Louvrepourtous.fr, qui s’interrogeaient sur ces égards par rapport à la pauvreté artistique du travail d’Ahae.

Son œuvre consistait en des prises de vue photographiques, qu’il faisait depuis plusieurs années, chaque jour, à l’aide de plusieurs dizaines d’appareils prenant chacun une photo toutes les 10 secondes. Son travail d’artiste n’allait guère plus loin que ce concept, jusqu’au choix même des tirages, parmi cet amoncellement de prises de vue, qui était dévolu à son équipe. Il n’y avait rien de neuf ou de remarquable, ni dans la nature de la démarche, ni dans la qualité du regard. Cependant, sans qu’aucun galeriste ou critique ne l’ait remarqué préalablement, des expositions de son œuvre fleurirent dans plusieurs lieux d’exposition prestigieux de par le monde. Sa fortune lui permettait d’avoir les moyens de ses ambitions, et de s’adjoindre les services de scénographes fameux, ou de grandes agences de communication pour faire sa promotion et mettre en valeur ce « travail ».

Il fit ensuite parler de lui en France en 2012, dans un premier temps, en achetant un hameau mis en vente par une municipalité française, dans lequel il voulait établir un village d’artiste, juste avant que soit organisée sa première grande exposition en France au Jardin des Tuileries, avant le château de Versailles en 2013. Mais après enquête, on comprit que ces expositions n’étaient pas le fait d’un choix véritable des directeurs ou commissaires de ces lieux, mais étaient bien des locations, très coûteuses, d’espace. Ce qui n’empêchait pas les textes des catalogues d’être plein de dithyrambes, de la part des administrateurs des musées, pour le travail de l’artiste, jusqu’à ce que le site internet Louvrepourtous.fr se penche sur son cas.

Mais son nom est devenu bien plus célèbre encore par la suite, surtout son vrai nom cette fois, car il était le propriétaire de la compagnie possédant le ferry qui avait coulé, en 2014, en Corée-du-Sud, tuant des centaines de lycéens, tragédie dont le scandale (quant à la sécurité et l’entretien du bateau) eut une portée internationale.

Recherché par les autorités coréennes et internationales pour homicide à ce sujet, il a été retrouvé mort récemment, vraisemblablement d’un suicide.

En France, par rapport aux artistes coréens, Ahae était l’arbre qui cachait la forêt. Je voulais alors partager avec le public français la vitalité de la création artistique coréenne, en lien avec la vie parisienne, au-delà de ce cas très particulier et peu glorieux.

le 3 mars 2015, KIM Bora

Sources :                                                                                                                http://www.louvrepourtous.fr/                                                                                               http://www.louvrepourtous.fr/

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